Touch, Look and Check, (touche, regarde et vérifie), c’est la devise d’Antony, un magnifique spécimen de la gent masculine, l’assistant du docteur X, un jeune homme très concerné par le cancer du sein. Une vidéo hilarante pour un sujet très sérieux mais tout est bon pour éveiller les esprits, n’est-ce pas?
Le menu du jour est épicé. Vous allez voir successivement, et comme annoncé dans le titre, mais cette fois dans l’ordre : des salopes à Montréal, des blondes à Riga et des talons hauts à Lima… Les femmes sont incroyables.
Dimanche 29 juin, elles ont affronté la pluie montréalaise pour la marche des salopes, la “slutwalk”…
Michael Sanguinetti, un policier de Toronto aurait abordé un groupe d’étudiantes qui traînaient de nuit sur leur campus : «Je ne devrais pas dire ça, mais pour prévenir une agression sexuelle, a-t-il déclaré, évitez de vous habiller comme des salopes.» Ce n’est pas très délicat, il est vrai. En réponse, trois cent femmes (et quelques hommes égarés) ont affronté les éléments pour défiler en tenue de “salope” ou sans tenue du tout… (la marche a eu lieu à Toronto également).
La veille, elles étaient plus nombreuses les blondes qui ont défilé à Riga, en Lettonie. Pour soutenir le moral de leurs hommes, déprimés par la crise, elles se sont pavanées, toutes de rose vêtues… Les spectateurs : des gars du coin et aussi des touristes…
Et puis quelques jours auparavant, c’était la course en talons à Lima, cent femmes avaient couru 150 mètres en talons d’au moins cinq centimètres pour prouver aux hommes que les talons ne sont pas un obstacle dans la vie. Les fonds récoltés étaient destinés aux victimes de violences domestiques.
Trois défilés, trois causes. Je devrais me réjouir que les femmes sortent dans la rue, se fassent entendre, brandissent des slogans mais non, je suis, comment dirais-je, euh… étonnée? dubitative? voire irritée…
Les salopes de Montréal (au passage j’espère qu’elles n’ont pas pris froid), devraient se demander l’image qu’elles véhiculent, en défilant déguisées comme des travailleuses du sexe, sous les regards intéressés de ces messieurs. Non, je ne peux me sentir solidaire, pour cela, il faudrait que je m’identifie, que je me sente proche, et là, non, je ne peux pas. Désolée les filles…
Concernant les blondes de Riga, là, c’est tout vu. Je m’insurge. Des femmes, qui pour plaire aux hommes, décident d’incarner toutes ensembles le pire des clichés, la Barbie Girl dans toute sa splendeur, et ce sans même une once d’ironie….
Enfin, les Péruviennes, qui courrent en talons, au risque de se casser une jambe, pour prouver à la gent masculine, qu’elles sont compétentes… Etait-ce bien nécessaire? Parce que les filles, avouons que les talons c’est tout de même assez inconfortable dans notre vie quotidienne, non? Et pour qui les met-on les talons? Hein? C’est pas pour les messieurs que vous vous faites toutes belles?
Voilà, trois manifestations, trois pays, un point commun : ridicule.
Les filles, le meilleur moyen de nous faire respecter, n’est-ce pas de savoir garder une certaine dignité?
Allez, Leboableu se déchaîne. Aujourd’hui c’est la journée de la femme et c’est mardi gras, jour de carnaval dans de nombreux pays. Alors on fait du deux en un. Je vous parle d’Oumou Sy, célèbre styliste sénégalaise, qui organisa le carnaval de Dakar en 2000. Comment réussir quand on est une femme, noire et analphabète? Demandez à Oumou Sy.
Costumière sur de nombreux films (dont “les Caprices d’un Fleuve” avec Bernard Giraudeau, ou “Hyènes” de Djibril Diop mambéty), elle est aussi l’une des pionnières dans la lutte contre la fracture numérique.
Elle crée des bijoux, des costumes, des robes, elle dirige une école de mode à Dakar et tient un cybercafé, le Métissacana. C’est tout ça Oumou SY. Entre traditionnalisme et modernité, elle crée avec tout et rien, de magnifiques tissus, des calebasses, des dvd, de la fibre optique…
Elle a eu aussi le temps de faire cinq enfants!
Je vous laisse avec un des films de papa sur Oumou Sy, “Un Hirdé pour Dakar”, le carnaval organisé dans la capitale sénégalaise en 2000 :