Vous qui lisez actuellement cet article, vous n’êtes pas analphabète. Vous avez eu le privilège d’écrire au tableau noir et de revenir à votre place, les doigts plein de craie et la fierté au front d’avoir su répondre au professeur. Vous avez joué aux billes sous les tilleuls et tracé des marelles sur l’asphalte du grand préau. Vous avez mangé de la soupe à l’alphabet et de la purée à l’eau, des coquillettes sans sel et du poisson carré. Vous avez eu la chance d’être allés à l’école.
L’école est un droit et non un privilège, si l’on en croit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Et pourtant, plus de 700 millions de personnes dans le monde ne sont jamais allées à l’école. Dont 64% sont des femmes, largement plus de la moitié… (source : ici).
Aujourd’hui, 8 septembre, c’est la Journée Internationale de l’Alphabétisation.
Aujourd’hui, célébrons la journée internationale de la lenteur, inaugurée voici 11 ans par les Québécois. Vous me pardonnerez donc de poster cet article à une heure si tardive mais je voulais rester dans le thème!
Une journée à savourer, en prenant son temps, sans se presser…. C’est vrai que ce serait tout de même plus simple si la journée de la lenteur tombait un dimanche. Parce que je pense à ceux qui bossent, pas facile d’expliquer à son patron pourquoi le 21 juin, on arrive en retard et on prend deux heures de pause déjeuner.
Remarquez, les gars du RER parisien, ont trouvé la combine, ils ont fait grève aujourd’hui!
Demain, 28 avril, c’est la journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail.
Mais, me répondras-tu, je ne suis pas concernée, vu que je n’ai pas de boulot… Détrompes-toi! Si on considère que maman au foyer c’est un boulot à plein temps (c’est ce que je pense), ma santé et ma sécurité sur mon lieu de travail, ça compte!
Tiens, par exemple, j’ai attrapé une sacré crève ce week-end. Et tu sais pourquoi? Parce que les enfants ouvrent sans cesse la porte d’entrée quand je les envoie jouer dehors. Oui, ce sont des “Maman, on peut prendre les vélos?”, “Maman, j’ai soif!”, “Maman, je suis tombée!”, “Maman, ça me gratte, là!!!”… Du coup, j’ai choppé un courant d’air et ça fait deux jours que je renifle et j’ai mal à la gorge.
Bon, un petit rhume, ça tue pas. C’est vrai. Mais je ne t’ai pas encore parlé du risque psycho-social des femmes à la maison. Celui-là, il tue à petit feu! Il n’y a pas que les grandes entreprises qui soient concernées. Ma petite boîte de 5 personnes (papa, maman, et trois gamines), elle aussi, elle est sur la sellette. Je n’en suis pas au point de vouloir attenter à ma vie, non, moi c’est plutôt des envies de meurtre, d’accrocher les gamines au lustre et d’allumer la lumière!
(Et je ne te parle pas des fois où elles m’ont refilé la gastro et des poux! )
Tu vois, les mamans aussi ont une santé, et elles aimeraient pouvoir la conserver!
Bon, pour parler plus sérieusement (parce que tu as bien compris que je blaguais, n’est-ce pas?), cette journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail, c’est le moment de réfléchir au moins une fois dans l’année à la santé physique et mentale des salariés sur leur lieu de travail. Il y a encore trop d’accidents et de maladies professionnelles. Et je rappelle que la dépression peut être considérée comme une maladie liée au travail. C’est évidemment aux entreprises de réfléchir, aux dirigeants, parce que les employés, eux, ils sont conscients des risques (ils les subissent). Juste quelques chiffres, l’année 2008 en France a vu plus de 44000 accidents du travail considérés comme graves et 569 personnes en sont mortes (source : ici)… Et on ne parle que des accidents du travail, pas des maladies professionnelles (dont les plus connues sont le cancer de la plèvre lié à l’amiante, les pathologies psychologiques et psychiatriques liées au stress, et le bon vieux mal de dos (les troubles musculo-squelettiques))…
Pour finir, j’aurai une pensée pour cette homme de 57 ans, ce salarié de France Telecom qui a craqué et s’est immolé devant son entreprise. Il serait grand temps que l’entreprise comprenne ses responsabilités.
Allez, pour ne pas se quitter sur une note si triste, voici une petite chanson que vous connaissez certainement et qui est tout à fait de circonstance. Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver… Moi j’ai bien envie de suivre les conseils d’Henry Salvador. Il a tout de même vécu jusqu’à 90 ans, le bonhomme!
Allez, Leboableu se déchaîne. Aujourd’hui c’est la journée de la femme et c’est mardi gras, jour de carnaval dans de nombreux pays. Alors on fait du deux en un. Je vous parle d’Oumou Sy, célèbre styliste sénégalaise, qui organisa le carnaval de Dakar en 2000. Comment réussir quand on est une femme, noire et analphabète? Demandez à Oumou Sy.
Costumière sur de nombreux films (dont “les Caprices d’un Fleuve” avec Bernard Giraudeau, ou “Hyènes” de Djibril Diop mambéty), elle est aussi l’une des pionnières dans la lutte contre la fracture numérique.
Elle crée des bijoux, des costumes, des robes, elle dirige une école de mode à Dakar et tient un cybercafé, le Métissacana. C’est tout ça Oumou SY. Entre traditionnalisme et modernité, elle crée avec tout et rien, de magnifiques tissus, des calebasses, des dvd, de la fibre optique…
Elle a eu aussi le temps de faire cinq enfants!
Je vous laisse avec un des films de papa sur Oumou Sy, “Un Hirdé pour Dakar”, le carnaval organisé dans la capitale sénégalaise en 2000 :
Petit article sérieux à l’occasion de la journée de la femme. Eh oui, encore! Ca dure toute une journée, alors on va en profiter.
J’avais envie de vous parler du repassage des seins chez les petites filles.
Vous connaissez l’excision, mais saviez-vous que près de 24% des filles camerounaises subissent le repassage des seins? Leurs mamans leur écrasent les seins à l’aide de pierres chauffées, pendant plusieurs semaines, afin de stopper leur développement. Ainsi, elles ne courent pas le risque d’attirer le regard des garçons, de tomber enceintes, d’être agressées, d’arrêter l’école… Les pierres sont parfois remplacées par le pilon familial, lui aussi chauffé pour plus d’efficacité… Au-delà de la torture, cette mutilation favorise les cancers du sein et provque de sérieux traumatismes chez ces filles devenues femmes.
Ci-dessous, un spot télévisé de sensibilisation. A regarder avec recul, c’est un spot fait au Cameroun pour les Camerounais (et avec les moyens du bord)…
Ne jugeons pas. Elles pensent bien faire les mamans. C’est la volonté de protéger leurs filles qui les pousse à perpétuer cette pratique. Par ignorance, et parce que leurs enfants doivent être “conformes” à ce que la communauté attend d’elles…
Après tout, les femmes françaises n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944, le droit d’avorter en 74 et le droit de divorcer en 75… Ce n’est pas si vieux que ça, n’est-ce pas?
C’est par l’éducation que les femmes ont gagné leur place dans la société française, au même titre que les hommes (ou presque, hein?). C’est l’éducation qui mettra fin aux mutilations, aux humiliations et à l’asservissement ailleurs dans le monde.
Aujourd’hui, pensons à nous Mesdames. Parce que nous le valons bien, comme dirait l’autre et puis aussi, parce qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Faites-moi plaisir, pas de balai aujourd’hui, pas de vaisselle, ni de serpillère, rangez les fers à repasser, aspirateurs, robots mixeurs et autres attributs de ménagère.
Le 8 mars, on se met les pieds sous la table, messieurs! Ca ne dure qu’une journée, ça va pas vous tuer et peut-être bien que ça ouvrira les yeux de certains sur la condition féminine…
Ca fait des années qu’on se bat pour nos droits, à la maison, au boulot, et même au parlement… On a le droit de vote maintenant et des chéquiers à nos noms (et même des cartes bleues!!!), on est des femmes libres de nous marier, d’étudier…
Mais nous sommes pourtant loin d’avoir atteint l’égalité parfaite dans vos domaines de prédilection, j’ai nommé le travail et la politique. Oui, à vos yeux, nous sommes toujours vos petites choses fragiles, vos objets sexuels, que vous préférez garder bien au chaud à la maison pour vous servir.
Alors, je vais vous dire un truc : il est fini ce temps-là les gars. Ca fait belle lurette qu’on ne vous demande plus l’argent des commissions. Non, nous ce qu’on veut c’est qu’on ne s’étonne plus de voir une femme à la tête d’une multinationale et que les hommes s’intéressent tout à coup aux tâches ménagères. On aimerait que nos salaires soient alignés sur les vôtres, messieurs, et qu’on arrête de nous reprocher de ne pas être ménopausées à chaque entretien d’embaûche! C’est pourtant pas la mer à boire!
Il est fini le temps de nos grands-mères, la mère Denis s’est réveillée. Elle ne s’arrachera plus la peau des mains à laver vos calçons dans la rivière gelée. Non, la Mère Denis a découvert l’électricité en même temps que le droit de vote et la télé. Et elle aussi, elle aime bien regarder ses séries préférées en rentrant du boulot, au lieu de doucher vos marmots et faire la vaisselle. Alors le 8 mars, pour célébrer la journée internationale de la femme, la Mère Denis, elle vous rend son tablier (pour une journée!).
Pour les trop jeunes et ceux qui l’ont oubliée, La Mère Denis :