Numéro Trois après une séance de maquillage comme maman...
Ca s’est passé ce matin.
Numéro Trois m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit : “ben, plus tard, moi je veux être grosse comme toi, maman!”.
Deux possibilités :
Elle s’est trompée. Elle voulait dire GRANDE. Du haut de mes 1m62, je dois lui sembler tellement GRANDE! Si elle savait…
Elle ne s’est pas trompée. Pour elle je suis réellement grosse, ce qui en soit n’est pas un problème pour une petite fille qui ne lit pas les magazines féminins et n’est pas encore pervertie par les standards de la mode.
Dans tous les cas, je suis à terre. Surtout que je me bats avec des kilos en trop depuis à peu près tout le temps et que c’est un sujet vraiment tabou, à la maison…
Ca m’a fait penser à cet article du Huffington Post que j’ai lu hier, cette femme qui a perdu tous ces kilos pour devenir un modèle pour sa fille. Bon, c’est vrai, elle était obèse, et donc la perte de poids ne pouvait que lui être bénéfique, sur un plan tout à fait sanitaire. Néanmoins, je m’interroge sur sa motivation.
Etre un modèle pour ses enfants ne devrait pas signifier se conformer à certains standards de la société, par honte de ce qu’on est…
Avec l’expérience et les années (parce qu’en plus d’être grosse, je suis vieille), je sais aujourd’hui que nos enfants (du moins lorsqu’ils sont petits car à l’adolescence tout se gâte), nos enfants, disais-je, nous aiment comme nous sommes. C’est dans l’ordre des choses, la loi de la nature…
Ainsi, hier après-midi, alors que je prenais un bain de soleil sur ma terrasse, numéro trois vient me voir et me dit de sa petite voix candide, en désignant mes jambes : “Maman, le soleil ça te donne des poils?”…
Je suis vieille, grosse et poilue, et pourtant, elle m’aime!
Depuis quelques jours, des bébés prodiges fleurissent sur le web, et créent le buzz. A deux ou trois ans, ils s’attaquent à nos coeurs de guimauve avec leurs bouilles craquantes… Lorsque j’ai vu passer la vidéo de la petite makéna, je me suis dit que cette fois, non, on ne m’y prendrait pas. Non, je ne fondrai pas en la visionnant parce que je sais que c’est une petite fille complètement instrumentalisée par des parents en quête de gloire par procuration. Et c’est emplie d’une objective impartialité que j’ai cliqué sur “play”…
J’avoue, j’ai craqué. She’s so Kiouuuutte!!!!! On a envie de l’embrasser sur les deux joues tellement elle est mignonne! Ah, ils peuvent être fiers de leur coup, les parents, avec une vidéo pareille. Je ne sais pas qui pourrait y résister à moins d’avoir un coeur de pierre coulé dans le béton!
Dans un tout autre registre, William a, lui aussi, créé le buzz ces derniers jours. Plus de 660 000 vues pour une imitation d’Elvis. Là aussi, ça vaut le détour.
C’est dingue, tout de même, ces gamins à peine nés qui sont capables de danser, chanter, jouer du violon, du piano et réciter Shakespeare dans le texte (oui, ça existe, je vous jure!)… Ou ce sont des génies, ou ils sont entraînés comme des chevaux de course, ou peut-être bien les deux, finalement… Ceci dit, William et Makéna, ne sont pas à proprement parler des prodiges. Non, ils sont surtout vraiment super mignons et c’est leur talent premier, je dirais…
Une enfant prodige, c’est plutôt ça :
Connie Talbot, révélée par l’émission Britain’s got talent, chante depuis l’âge de trois ans et fait aujourd’hui une brillante carrière. A douze ans, elle a déjà sorti quatre albums et a même sa page Wikipédia!(ici)
Jordy peut aller se rhabiller!
En voyant ça, on culpabiliserait presque de ne pas avoir poussé nos propres enfants sur la voie du succès. C’est vrai, après tout, qui sait de quoi les nôtres seraient capables, avec un bon coach et un camescope?
Allez, je dois vous laisser, j’ai trois artistes à entraîner! (Et y’a du boulot!)
C’est avec un grand plaisir et surtout un immense soulagement que j’ai quitté votre établissement, un lieu où vos valeurs et les miennes s’entrechoquaient bruyamment dans des échanges aigres et stériles.
Après quelques semaines et un article libérateur, j’avais tourné la page de cet épisode fâcheux. Or, c’est justement en tournant des pages que vous m’êtes soudainement et très brutalement réapparue! Quel choc!
Une photo publiée dans le journal local m’a presque fait recraché mon café matinal.
Cette photo est de moi. Alors que je travaillais encore pour vous, j’avais, pour le repas de Noël dernier (on aperçoit le sapin dans le fond…), organisé bénévolement une séance photo avec le matériel professionnel dont je disposais. Ce n’était pas inscrit à mon contrat, et vous ne m’avez pas payé pour cela. C’est par pure courtoisie que je vous ai photographiée, avec les membres de votre conseil d’administration.
Cependant, chère Madame, courtoisie n’est ni mon nom, ni mon prénom. Je ne suis pourtant pas partie depuis si longtemps que vous ayez oublié comment je m’appelle? Cette photo m’appartient et, au-delà de nos désaccords, j’aurais apprécié un peu plus d’élégance.
Cet oubli vous vaudra une popularité, que vous n’aviez certainement pas escomptée. Eh oui, chère Madame, grâce à cet article, vous avez aujourd’hui une visibilité internationale. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.
C’est peut-être déjà fait et déjà vu mais, personnellement, je ne m’en lasse pas. Une grossesse en une minute et trente cinq secondes, un très joli montage photo. Ahhh, qu’ils sont mignons!
posté par Bornonboard : our little 9 month project.
Huggies s’est excusée devant 200 papas blogueurs, réunis ce week-end lors de la rencontre Dad 2.0 à Austin (Texas).
En effet, la dernière publicité de la célèbre marque de couches a déclenché les foudres de centaines de pères. Une pétition a même été signée par près de 1500 personnes. We are dads, Huggies, not dummies... (Nous sommes des pères, Huggies, pas des imbéciles).
la pub, intitulée “The Ultimate test”, présentait plusieurs papas enfermés dans une maison pendant cinq jours avec leurs bébés. C’était drôle et désordonné, de pauvres papas débordés par des bambins en couche-culotte… mais grâce à Huggies, finies les fuites, même avec papa…
Cette publicité, bien évidemment destinée aux femmes, celles qui achètent les couches à plus de 75%, n’a pas amusé les hommes. Ah bon?
Vous ne la verrez pas car Huggies l’a immédiatement remplacée par celle-ci, où l’on peut voir d’heureux papas, en plein contrôle de la situation, berçant leur mignon petit bébé endormi sur leur épaule. Evidemment, quand ils dorment c’est bien plus facile!
A ce moment de l’article, je réprime une envie de vous parler de statistiques, de répartition de tâches ménagères, de place de la femme dans la société, dans la pub, et même des inégalités de salaire. Non, je ne ferai pas.
Même s’il est vrai que ce sont encore les femmes qui accomplissent, dans leur grande majorité, les tâches les moins valorisantes et pourtant tellement indispensables, comme passer le balai ou changer les couches, nous devons néanmoins admettre que les hommes ont, ces dernières années, fait beaucoup d’efforts…
Et nous devons admettre également que la publicité est souvent injuste envers eux. Cette publicité pour la lessive Clorox, par exemple, nous montre des papas complètement immatures et irresponsables (je la trouve vraiment drôle) :
Je terminerai avec cette publicité d’Heineken qui rétablit un certain équilibre en s’attaquant à la fois aux hommes et aux femmes :
Tandis que la France s’assoupit mollement sous l’effet d’une campagne présidentielle soporifique qui semble n’intéresser que les candidats, les Américains, eux, ont une manière bien plus cool de livrer bataille. Au pays des cow-boys, les élections se mènent en chanson!
Camille et Haley Harris, respectivement 20 et 18 ans, chantent Dieu, l’amour, les anges et appellent à voter Rick Santorum dans une chanson très inspirée…
ça vous a plu? J’ai presque envie de danser…
Elles sont mignonnes les petites Harris. Tellement, qu’on en oublierait qu’elles soutiennent le plus conservateur des candidats américains. Santorum, cet homme qui s’élève contre l’avortement, le mariage gay, est un irréductible de la peine de mort. L’Amérique blanche et puritaine dans toute sa splendeur.
Les deux soeurs tentent de percer dans la chanson. Le nom de leur groupe : Firstloveband… Je vous le traduis?
Vous apprendrez également qu’elles ne sont jamais allées à l’école publique, et qu’elles ont fait toute leur scolarité entre la maison et l’église. Elles vivent à la campagne et leur père est pasteur… Ca ne s’invente pas… On s’attendrait presque à voir débouler Laura Ingalls du haut de sa colline…
Voilà bien longtemps que je n’avais écrit sur ce blog. Oh rassurez-vous, tout allait bien, enfin à peu près, enfin presque, enfin pas tant que ça finalement… Non… J’avais un problème… Je travaillais!
Ce n’est pas que je sois particulièrement allergique au travail, mais ça fait un bout que je sais qu’il ne procure ni joie, ni bonheur, ni même la santé, mais juste quelques sous pour manger et boire (un peu de pain et de chaleur… Tiens ça me rappelle quelque-chose!).
Ainsi donc, j’avais trouvé un magnifique travail à deux balles et un peu plus afin de contribuer à la subsistance des monstres affamés qui composent mon foyer. Et là, je vous entends : “Mais comme elle est courageuse! Travailler avec trois enfants! Mais comment fait-elle?”. Eh bien, au risque de vous décevoir, j’étais assez satisfaite, moi, de quitter mes enfants chaque matin pour aller chercher un peu de sentiment d’efficacité personnelle autre que dans les bons petits plats que je concoctais lorsque j’étais une mère au foyer modèle…
Oui, au début, c’était bien. Et puis, il me plaisait ce boulot, au début… Je travaillais avec des gens qui avaient tous quelque-chose en plus. Les autres, les ordinaires, les gens normaux, disent d’eux qu’ils sont déficients. Moi, je préfère les voir avec un truc en plus… Les fous, les éclopés, les infirmes sont des personnes extra-ordinaires qui nous enseignent beaucoup sur la vie.
Bref, ça allait bien. Je travaillais, je m’occupais de mes enfants, je m’écroulais à 8h00 du soir avant d’avoir pu écrire une ligne et je ronflais toute la nuit. Le matin je me réveillais en sursaut, je prenais ma douche au radar, je préparais les boîtes à lunch et les enfants, j’envoyais tout le monde à l’école et autre système de garde et je partais sur les routes hivernales du Québec, défiant les bordées de neige, les pluies verglaçantes et le facteur éolien!
J’aurais supporté tout cela s’il n’y avait pas eu : ELLE!!!! La directrice, la boss, la chef, celle qu’on croise en baissant les yeux et qui suscite immanquablement cette incroyable exclamation intérieure : Oh la vache! (dans tous les sens du terme…)
De tous nos désaccords, le plus grand portait sur les capacités d’une jeune-fille autiste que j’essayais d’aider, du mieux que je pouvais… Une fois par semaine je ramenais mon Ipad pour elle, parce que c’est un fabuleux outil d’apprentissage, vraiment adapté à ses difficultés… Mais Madame La Directrice Générale n’appréciait pas. Non. Je perdais mon temps, et par voie de conséquence son argent (enfin, ça ne sortait pas de sa poche, hein!) à m’occuper d’une fille dont, au final, on ne tirerait rien. Trop amochée! Et puis l’Ipad? Eh bien Madame La Directrice Générale avait vu un reportage à la télé où on apprenait que même les singes savaient l’utiliser!!!!
J’ai fini par la virer… Oui, j’ai viré ma boss, ma chef, ma directrice générale… Enfin, c’est officiellement elle qui a pris l’initiative, mais c’est comme si elle avait simplement répondu à ce secret désir qui m’avait ôté la joie, le sommeil et le peu de sentiment d’efficacité personnelle qui me restait encore après six mois d’un boulot qui outrageait mes valeurs.
Aujourd’hui, redevenue chômeuse heureuse, je me retrouve enfin, et j’écris. Ouf!
Leboableu aime terminer ses articles en musique, alors voici une spéciale dédicace pour Madame La Directrice Générale. Regardez bien, Madame la chef, regardez ces singes et dites-moi si vous savez faire ça :
Leboableu est revenu les amis et je tiens à remercier tous ceux qui ont eu la gentillesse de me laisser des petits mots ici et là, lorsque je n’écrivais plus, parce que j’étais fatiguée ou triste ou les deux. Merci à Titi, Dameskarlette, Lilie, Christelle, Vêtementsd’occasion, Claudia, Béa la Poizon, Laetbidule, Maria, bestofava… Merci à tous.
Et une pensée spéciale pour Romy et tous ceux à qui je n’ai pas eu le temps de dire au revoir…
Noël approche à grands pas et voici ma fièvre annuelle qui réapparaît. Tous les cadeaux ne sont pas achetés, ni le papier cadeau, et puis faites-moi penser à prendre des piles aussi pour les satanés jouets à piles. Je n’ai pas décoré le pas de porte cette année parce que l’année dernière la guirlande électrique s’est écrasée la tête dans la neige, en grillant la prise par la même occasion. Par contre, j’ai fait le sapin! Enfin, les enfants ont fait le sapin..et ça se voit…Et pour le coup, on était super en avance, parce que ça fait déjà une semaine que cette grosse bête de deux mètres de haut perd ses poils dans mon salon! Ben oui, les sapins artificiels n’ont pas d’aiguilles… Ils ont des poils, verts et plats, et les perdent tout autant que les vrais!
Cette année, nous allons tenter, pour la dixième année consécutive, de mystifier l’une de nos enfants en lui faisant croire que les cadeaux sont déposés par un vieux type en rouge qui ne manquera pas de s’enfiler le morceau de bûche et le verre de lait avant de partir! Les deux grandes ont réussi à croire à cette histoire rocambolesque jusqu’à 7 ans! Comme disent les Québécois : “C’est épeurant!”
On est à une semaine de Noël et me voilà face à un cruel dilemne. Alors que j’étais vraiment très très fâchée contre ma seconde fille qui devient absolument terrible ces derniers temps (je redoute l’adolescence!), je l’ai menacée de lui acheter des vêtements à Noël, en lieu et place des traditionnels jouets… Je sais, c’est moche de ma part mais que voulez-vous, je ne suis pas une mère parfaite!
Ainsi, j’ai menacé ma fille de lui offrir des chaussettes et des culottes (des bas et des bobettes)… Et elle ne s’est pas assagie depuis la terrible menace…
Deux possibilités s’offrent désormais à moi : en bonne mère qui a lu Dolto et Antier, je tiens ma parole et je cours chez Walmart acheter des sous-vêtements taille 8ans. Ou alors, je reviens sur une promesse solennelle, je m’aplatis sur le tapis et je prouve à ma fille que sa mère est une menteuse : je vais chez ToyRus.
Je n’ai décidément pas de fierté.
Ah si seulement le Père Noël existait! Je n’aurais pas eu à menacer ou à décider de punir ou non. Je n’aurais pas eu à me culpabiliser d’acheter des jouets à ma fille.
D’ailleurs si le Père Noël existait, j’aurais trois enfants sages comme des images qui, sourire aux lèvres, m’admireraient béatement en secret…
Instant volé lors d’un après-midi d’été, au coeur de Paris. Le soleil brûlait les peaux et plissait les yeux. Nous avions trouvé un petit parc abandonné aux pigeons, qui, seuls, osaient affronter la canicule aoûtienne.
Après avoir couru, crié, ri, joué, pleuré, couru de nouveau et encore ri, elles avaient décidé de se reposer. Et alors qu’une douzaine de bancs désertés les attendaient, elles se sont assises, bien serrées les unes contre les autres, les deux grandes entourant la plus petite, la plus fragile… Et nous offrant ainsi une tendre image de la sororité.
Sisterhood…
Ceci est ma contribution à la photo du mois, sur le thème “banc public”. Je vous encourage à découvrir les autres participations (et elles sont nombreuses!) :